Description
L’expérience de la falaise visuelle menée par Gibson et Walk en 1960 a examiné la perception de la profondeur chez les nourrissons en créant une illusion visuelle d’une falaise et en observant leur réticence à ramper pour franchir la chute perçue, indiquant le développement précoce des capacités de perception de la profondeur.
Chez le rongeur, le test de la falaise visuelle Visual Cliff est un test comportemental simple utilisé en neurosciences pour déterminer si un rongeur voit correctement et perçoit dans la profondeur. C’est l’une des méthodes les plus rapides et les plus fiables pour évaluer la vision fonctionnelle, notamment chez les souris porteuses de mutations génétiques provoquant cécité ou déficits visuels.

Avant d’entreprendre des tests d’évaluation visuelle plus complexes, le test de la falaise visuelle est un outil préalable pour évaluer la présence de déficiences visuelles sévères. Il utilise une surface en verre ou en plexiglas qui crée l’illusion d’une chute abrupte, grâce à sa division en deux sections. L’une des sections est plus haute que l’autre, créant ainsi une falaise visuelle. L’animal peut percevoir la différence de profondeur entre les deux sections grâce à la transparence de la surface.
Le dispositif se compose de :
1 – Le côté « peu profond » (près de la surface)
Sous la vitre, se trouve un damier à fort contraste, juste en dessous des pattes (0-1 cm).
Il paraît solide et sûr.
2 – Le côté « profond »
Le même damier est placé beaucoup plus bas (30-50 cm sous la vitre).
Ceci crée l’illusion visuelle d’un précipice.
La souris marche toujours sur du verre/plexiglas transparent, elle s’y sent donc en sécurité. La différence est purement visuelle.
Que mesure-t-on avec ce dispositif de falaise visuelle ?
On mesure le temps que le rongeur passe :
du côté superficiel (qui paraît sûr) par rapport au côté profond (qui paraît dangereux).
Comment cela fonctionne-t-il ?
Si le rongeur voit correctement, il évite le côté profond car il perçoit le vide.
Si une souris est aveugle, a une faible acuité visuelle, souffre de dégénérescence rétinienne (par exemple, rd1, rd10) ou présente un développement visuel anormal, elle ne peut pas faire la distinction entre la surface et la profondeur et se déplace de manière aléatoire.
Le test de la falaise visuelle est utile pour :
Évaluer la vision des rongeurs
Étudier des modèles de cécité (rétinite pigmentaire, albinisme, souris knock-out)
Études du développement visuel chez les jeunes (P10-P20)
Évaluer les effets de médicaments ou de lésions sur la vision
Tester l’intégrité du cortex visuel et des voies sous-corticales
Il s’agit d’un test non invasif, rapide (3 à 5 minutes) et très reproductible.
La question principale à laquelle le test de la falaise visuelle cherche à répondre est de savoir si les animaux présentent une aversion naturelle pour la chute perçue, indiquant une capacité innée de perception de la profondeur.
Généralement, si la perception de la profondeur est développée, les animaux hésiteront ou éviteront de franchir la falaise visuelle, tandis que ceux qui n’ont pas cette capacité ne montreront pas le même niveau de prudence et pourront s’y engager sans hésitation. Ce test peut être utilisé pour évaluer l’effet de médicaments, le développement de la perception de la profondeur avec l’âge, la recherche génétique, etc.
Interprétation des résultats :
1) Souris avec une vision normale : forte préférence pour le côté peu profond, évite le côté profond, adopte une posture d’exploration (se penchant en avant pour évaluer la profondeur).
2) Souris malvoyante : pénètre sans hésitation dans le côté profond, y passe beaucoup de temps, et ne montre aucune prudence.
3) Souris aveugle : se déplace aléatoirement entre les deux côtés, sans préférence → indicateur clair de cécité ou de déficience visuelle sévère.




